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Val :
Cette ville est la ville où je suis né. Mais à présent, je ny suis plus quune impureté ethnique. Quant à refaire ma vie sur le lambeau de terre que vous nous avez concédé à lissue de la guerre, et qui nous tient désormais lieu de pays, pour ne pas dire de ghetto, dans la très probable misère, sous la perpétuelle menace dune nouvelle invasion, non merci.
Piet :
Tu te racontes des histoires, Val. deux millions de tribes vivent encore dans ce pays. Ils ne font lobjet daucune discrimination.
Val :
Parole de ministre.
Piet :
Pure vérité.
DE LECHANGE A LETRE
Si demain lon veut mettre en place une humanité rassemblée et non éparpillée, solidaire et non divisée en groupes antagonistes, il faut, lors de toute décision, rappeler la définition admise pour lhomme.
Chaque culture peut proposer son propre regard mais linterdépendance de tous les humains, la mondialisation, tant célébrée, rend indispensable un noyau commun.
La science nous décrit avec précision lhomme biologique; mais elle ne peut expliquer par les seuls mécanismes naturels lémergence, en cet être, dune personne.
Cette émergence est le fruit des échanges avec la communauté qui lentoure. La mise en commun des émotions, des angoisses, des projets, est à lorigine, en chacun, de la conscience de lêtre.
Ces échanges ne seront vraiment créateurs que si, au-delà du libre-échange des marchandises, rien ne soppose aux rencontres dhommes mettant en commun leurs craintes et leurs espoirs.
Albert JACQUARD - La légende de demain - Flammarion.
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