Mise en scène :
Christine BERG
Lumière :
Pablo ROY
Musique
originale : Nicolas
PEIGNEY
Illustration sonore :
Ali LAOUAMEN
Régie Générale :
Brigitte ANTAGNAC
avec Michel BOY
Jeudi 22 janvier
2009
à
l’Avant-Seine
Théâtre de
Colombes
92 700 Colombes
dans le cadre
de “ ses soirées nourrissantes” www.lavant-seine.com/
Vendredi 6 février 2009
Théâtre Gérard Philipe
94500 Champigny sur Marne
Vendredi 27 février 2009
accueilli par les ATP de l’Aude
Montréal (11)
Festival
Voies
Off Théâtre
du Petit
Bouffon
à
Villeneuve
Saint-Germain
02 200
jeudi 1er mai 2008 à 15h30
vendredi 2 mai 2008 à 22h30
"...Des harangues, conçues pour être proférées par des comédiens... il
conviendrait de se garder dans la diction de toute hauteur comme du ton
sentencieux et comminatoire qui les feraient tenir pour l’expression d’un
intégrisme bien pensant. Je souhaiterais au rebours une insolence joyeuse
qui fasse entendre le mouvement intempestif de la pensée, pas dupe de ses
excès et, ici ou là, de sa mauvaise foi..."
Jean-Pierre Siméon
Une table avec des victuailles.
C’est la table qu’on a laissée pour raccompagner les amis, ceux avec qui on a
partagé de bonnes choses ce soir...
Il reste encore quelques vestiges de la fin du repas : du cognac, des fruits, du
café, des chocolats, du vin.
Et surtout le souffle bruissant de toutes les paroles échangées, des énergies
présentes.
L’homme qui est là ne peut pas dormir ; c’est un homme en colère.
Il n’est pas triste, au contraire il exulte.
Alors tandis que la nuit s’avance, il partagera encore, avec les spectateurs
cette fois, ces nourritures, les terrestres et les spirituelles.
Il faut bien dire avant qu’on ne le fasse pour nous.
Christine Berg
C’est autour d’une table dans la convivialité d’un après festin que la langue
savante et fine de Jean-Pierre Siméon va circuler. Une adresse directe
proférée par un amoureux de la vie. Un défenseur de la densité du
quotidien. Adresse triviale et pure qui nous fouette et nous réveille comme
une bonne douche, alterne le froid et le chaud, jet puissant ou fines
gouttelettes s’attardant sur la peau...
Acuité de la pensée, finesse de la critique, jamais résigné, la révolte d’un
citoyen .
Michel Boy
Directeur Artistique Compagnie Théâtre 7
L'auteur
Poète, romancier, dramaturge, critique, Jean-Pierre Siméon est né en 1950
à Paris. Professeur agrégé de Lettres Modernes, il a longtemps enseigné à
l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres de Clermont-Ferrand, la
ville où il réside.
Il est l’auteur de cinq romans, de livres pour la jeunesse, et de sept pièces de
théâtre.
Il a fondé avec Christian Schiaretti le festival Les Langagières à la Comédie
de Reims, et est désormais auteur associé au TNP de Villeurbanne.
Il a créé en 1986 La Semaine de la poésie à Clermont-Ferrand.
Il a été membre de la commission poésie du CNL et a collaboré comme
critique littéraire et dramatique à l’Humanité.
Il participe aux comités de rédaction de plusieurs revues de poésie et dirige
avec Jean-Marie Barnaud la collection «Grands Fonds» à Cheyne Editeur.
Il est directeur artistique du Printemps des poètes depuis avril 2001.
Il publie chez Cheyne éditeur depuis vingt ans tous ses recueils de poésie.
Son œuvre poétique, qui compte une vingtaine de livres, lui a valu le prix
Théophile Briant en 1978, le prix Maurice Scève en 1981, le Prix Antonin
Artaud en 1984, le prix Guillaume Apollinaire en 1994 et le grand prix du
Mont Saint-Michel pour l’ensemble de son œuvre en 1998.
Quelques parutions :
Aïe un poète
Charles Juliet, la conquête dans l'obscur
Sermons joyeux (De la lente corruption des âmes dans la nuit tombante)
Ceci est un poème qui guérit les poissons
Extraits
Objection du poème
Oui ça va mal
oui les temps sont critiques
et de tous les malheurs qui grognent à nos mollets
de tous les abandons qui nous vident le coeur
de toutes les défaites qui nous brisent la nuque
l’enfermement où dans ces heures poisseuses
on tient désormais la langue
la langue commune la langue partagée populaire
celle-là l’improbable la sauvage et la douce
qui dit la bonté de l’instant
et la chiennerie des jours
cet enfermement-là
qui n’apparaît pas
qu’on ne sent pas
qui ne s’avoue pas
de tous nos malheurs pourrait être le pire...
Au vrai chic parisien
(diatribe des revenus de tout )
Eh oui bien sûr ça oui
messieurs les beaux esprits
vous avez des raisons bien certaines
bien pesées renseignées
armées d’un savoir roide comme la justice
de les proclamer forcloses et
benêtes comme un songe enfantin
séquelles de la niaise obstination des peuples
à vouloir sortir les pieds de la boue
poisseuses prétentions des naïfs
à s’émouvoir d’un jeune ciel dans la fraîcheur des matins
vous avez des raisons bonnes
tendus au cordeau sévère d’une pensée virile
de les proclamer forcloses
ces choses
l’utopie l’espoir la foi en l’homme...
Contre l’image
Il est temps grand temps
de nous souvenir du viel Homère
le poète aux yeux clos
qui voyait des mondes dans le monde
il est temps de nous instruire
du talent des aveugles
car nous voilà saisis d’une étrange maladie
nous autres hommes modernes dévorés
par la vue l’oeil et la bouche bées
stupéfaits interdits subjugués
par la vue des choses
l’oeil tenu fixé rivé l’oeil fixe
soumis au monstre machinal des images
l’oeil jusqu’à la nausée saturé
de couleurs beuglantes
de formes filantes proliférantes
de la déflagration de formes flagrantes
machine monstre
qui surimpose au réel
la citation du réel
le bout de réel sans queue ni tête...
Eloge de l’inconnu
Le pire
si vous voulez savoir
le pire peut-être le pire
peut-être il faut dire peut-être
parce qu’en cette matière du pire
du pire secrété par l’homme
il y a toujours un au-delà un impensable
mais le pire ici et maintenant là entre nous
ici et là partout sur toute la rotondité du monde
le pire à l’oeuvre grigotant rongeant
la pensée et le coeur de chacun
logé dans la chair de l’âme
dans la texture intime de l’âme
notre petite âme à nous en chacun
dans l’atome premier dur irréductible de l’être
le pire logé là et qui sournoisement
agit sournoisement gouverne
le geste et le regard
la parole et l’intention
le pire c’est la peur la peur
de l’inconnu
du non connu
du non reconnu...
Eloge du risque
Non
la vie n’est pas ça
qu’on voudrait nous faire avaler
cette chose douillette proprette
et sans risques
vie ah prémunie de tout
vie oh protégée de tout
bardée de préventions
harnachée de précautions
recluse dans ses peurs préventives
condamnée à la préventive
ad vitam aeternam
nom de Dieu non
vous ne vivrez pas une vie d’homme
sans dangers hein
sans failles tiens
sans blessures non
sans souillures quoi
sans poussières sans
sans l‘humeur et la sueur...
Nous mourrons oui
nous mourrons bientôt
comme vous mais vivants
nous craignons la mort oui
parce qu’elle nous prive
mais vous malins vous
vous privez de vivre
par peur de la mort...
Nous nous risquerons
dans la contagion des plaisirs
avec nos dents d’ogre
buvant fumant baisant
rongeant nos joies poivrées
jusqu’à l'os
usés et impurs mais
libres.
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